Dévoreur de pellicule monomaniaque, ce blog servira à commenter pour ceux que cela intéresse tout mes visionnages de classiques, coup de coeur et curiosités. Je vais tenter le défi de la chronique journalière histoire de justifier le titre du blog donc chaque jour nouveau film et nouveau topo plus ou moins long selon l'inspiration. Bonne lecture et plein de découvertes j'espère!

Vous pouvez me contacter à justinkwedi@gmail.com et suivre le blog sur twitter à http://twitter.com/#!/JustinKwedi

Pages

jeudi 22 juillet 2021

Fear Street Part One: 1994 - Leigh Janiak (2021)


 À la suite d'une tragédie brutale à Shadyside, dans l'Ohio, un groupe d'adolescents rencontre accidentellement le mal ancien responsable d'une série de meurtres brutaux qui sévissent dans leur ville depuis plus de 300 ans.

Fear Street est le premier volet d'une trilogie adaptant la série de romans éponyme de R. L. Stine, auteur spécialisé dans l'épouvante pour adolescent et notamment la série des Chair de poule. Ce premier film offre un très habile digest de slasher dont il exploite toutes les possibilités et revisite plutôt bien les figures du genre. La scène d'ouverture avec son tueur masqué, brutal et véloce évoque ainsi le Scream de Wes Craven (1996), y compris dans le choix de faire passer de vie à trépas une actrice plutôt connue (Maya Hawke) et créer ainsi la surprise - sans parler de la présence de Marco Beltrami, compositeur emblématique de la saga Scream à la bande-originale. 

Le film joue la carte rétro de la nostalgie actuelle pour les années 90, notamment dans sa bande-son (avec un sens de la chronologie incertain, on entend la chanson Only happy when it rain de Garbage pourtant sortie en 1995...), tout en y incluant des problématiques plus actuelles du teen movie. On ressent quand même une forme d'opportunisme dans un premier temps avec cette romance lesbienne contrariée entre les héroïnes Deena (Kiana Madeira) et Sam (Olivia Scott Welch), notamment dans la façon de faire un coup de théâtre sur l'identité féminine de Sam. La série Euphoria est passée par là et l'on y pense forcément, mais l'interprétation sincère et le vrai développement amené dans le récit efface rapidement tout à priori.

C'est d'ailleurs cette façon de vraiment creuser les personnalités de son casting et de ne pas en faire de la chair à canon interchangeable qui rend l'ensemble prenant. La galerie de personnages constitue certes des archétypes mais suffisamment attachants et incarnés pour réellement craindre pour eux et offrir de jolis moments de romance adolescente (le rapprochement inattendu entre le nerd Josh et la cheerleader Kate). Il en va de même pour la menace qui jongle intelligemment entre boogeyman brutal adepte de l'arme blanche et suspense à origine plus surnaturelle, une malédiction rattachée à une longue tradition de meurtres inexpliquée dans cette ville de Shadyside. Cela relance l'intrigue et crée une aura de mystère même si là aussi les influences sont identifiables. 

Le boogeyman immortel aux pouvoirs magiques lorgne sur Freddy Krueger, tout comme l'aspect légende urbaine qui s'y rattache. Le Mal profondément ancré en un lieu où il traverse les siècles en semant la mort doit bien sûr beaucoup à Stephen King et notamment Ça. Plus proche de nous la dimension de menace indicible et inarrêtable rappellera aussi le brillant It Follows de David Robert Mitchell (2015). Cependant à aucun moment Leigh Janiak ne se rapproche de l'originalité des mises à mort, de l'ambiance dérangeante et de la mise en scène inventive de ses modèles même si on lui reconnaîtra de ne pas lésiner sur l'hémoglobine. L'ensemble est nettement plus corsé que ce que l'on a pu voir dans d'autres adaptations de R.L. Stine comme les séries tv ou les films Chair de poule.

Les situations sont là, la photo de Caleb Heymann pose une vraie atmosphère à l'ensemble et les souvenirs de Buffy contre les vampires ressurgissent dans la dynamique des personnages, mais il manque la vraie belle scène de frayeur marquante qui imprimerait la rétine. Le film finit par être un peu trop gourmand en termes de rebondissement et cède au péché mignon des productions Netflix en ayant bien 20 minutes de trop. Néanmoins le cadre est posé et la fin ouverte relance bien l'intérêt (tous les tueurs évoqués ne sont pas entrés en action sur ce premier film) pour les deux autres volets de la trilogie. 

Disponible sur Netflix ainsi que les deux autres volets, chroniques à venir !

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire