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samedi 29 août 2026

Le Retour du Vaurien - Daikanbu: Burai, Keiichi Ozawa (1968)

 Japon, 1956. Maintenant remis de ses blessures après avoir tué le boss du clan Ueno, Gorō Fujikawa est bien décidé à abandonner sa vie de yakuza. Il se rend en train à Tsugaru à l'extrême nord de l'île de Honshū pour retrouver Yukiko et présenter ses excuses à Yumeko pour la mort de Sugiyama. Mais Yumeko est malade et doit être hospitalisée. Pour payer les frais, Gorō se résout à accepter d'être l'homme de main de Gō Kiuchi et se trouve embrigadé dans un conflit de yakuza entre les clans Kiuchi et Izumi à Yokohama.

Le Retour du Vaurien est une suite directe de Le Vaurien (1968), reprenant exactement là où se termine le premier volet. L’intrigue se déplace de Tokyo à l’île de Honshu (et fera une halte par la ville de Yokohama) où Goro (Tetsuya Watari) va retrouver sa fiancée Yukiko (Chieko Matsubara) qu’il fut contraint d’abandonner à la fin du précédent film. Aspirant à désormais à une vie rangée et paisible, il va cependant se trouver à nouveau rattrapé par son passé de yakuza. Son sens de la justice l’amène à prendre la défense d’une jeune femme contrainte par les yakuzas d’être stripteaseuse, puis plus tard le dénue matériel le poussera vers ses anciennes activités pour payer les frais médicaux de la femme de son ami disparu.

Le schéma est sensiblement le même que dans le premier volet et également au modèle du ninkyo eiga offrant souvent des variantes où seules les dynamiques et les environnements changent. L’élément nouveau repose sur l’aura juvénile et rebelle de Goro, la droiture morale qu’il tente de maintenir malgré les environnements viciés au sein desquels il évolue. Tous les protagonistes masculins sont victimes et complices involontaires des codes claniques yakuza auxquels ils se soumettent par dogme et ce contre leurs désirs, alors que l’égoïsme de leurs chefs ne mérite pas pareille fidélité. Il y a un jeune couple (où l’on trouve une toute jeune Meiko Kaji) renvoyant Goro à son passé et un ancien boss plus âgé et père de famille lui évoquant un possible futur où ce passif yakuza demeure une tâche indélébile.

Le charisme de Tetsuya Watari permet de surmonter l’aspect de redite (inhérent à ce type de saga criminelle à rallonge du cinéma japonais) tandis que la mise en scène de Keiichi Ozawa (prenant le relai de Toshio Matsuda et qui signera au total quatre des 6 opus de la saga Le Vaurien) fait montre d’une belle inventivité. Il magnifie un instant de pur mélodrame lors de la mort de Yumeko où la lumière blanche d’une lampe se concentre sur le dernier souffle du personnage. Les moments nerveux offrent de de belles joutes aussi, notamment le climax en montage alterné entre le combat à l’arme blanche et la séance de sport de lycéenne en parallèle, l’innocence face à la violence. La fin tragique pourrait presque être définitive, mais la loi des formules en décidera autrement avec Le Vaurien se déchaîne qui sortira la même année.

Disponible en bluray français chez Roboto Films 

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