Dévoreur de pellicule monomaniaque, ce blog servira à commenter pour ceux que cela intéresse tous mes visionnages de classiques, coups de coeur et curiosités. Je vais tenter le défi de la chronique journalière histoire de justifier le titre du blog donc chaque jour nouveau film et nouveau topo plus ou moins long selon l'inspiration. Bonne lecture et plein de découvertes j'espère! Vous pouvez me contacter à justinkwedi@gmail.com, sur twitter et instagram

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lundi 15 septembre 2014

Capitaine Paradis - The Captain's Paradise, Anthony Kimmins (1953)

Le capitaine d'un ferry méditerranéen, Henry St James, a une vie bien organisée : une affectueuse et très anglaise femme à Gibraltar, Maud, et une femme au sang-chaud à Tanger, Nita. En bref, une vie parfaite jusqu'à que sa femme de Gibraltar n'est la malencontreuse idée de le suivre à Tanger...

Le transformisme et la schizophrénie de l’acteur auront toujours trouvé leur meilleur ambassadeur à travers le talent caméléonesque d’Alec Guinness, capable de l’exprimer de façon spectaculaire dans le célèbre Noblesse Oblige (1949) où il incarne sept rôles de tous sexe et dans une veine plus subtile avec ce savoureux Capitaine Paradis. Le film dresse un récit de bigamie rondement mené où il est paradoxalement moins question de comédie de boulevard que de la quête de la femme idéale. Alec Coppel, l’un des scénaristes du film participera quelques années plus à celui de Vertigo, grande œuvre sur la reconstruction d’un idéal féminin insaisissable. Avec Hitchcock, cette idée tirera vers le fétichisme obsessionnel quand Anthony Kimmins dénonce lui le machisme ordinaire d’une Angleterre dépassée. Henry St James (Alec Guinness) mène ainsi une agréable double vie au gré des va et vient qu’il effectue dans sa fonction de capitaine de ferry. 

 A l’aller nous le découvrirons bon vivant, gouailleur et libidineux dans l’exotisme et le fourmillement de la ville imaginaire d’Afrique du Nord Kalik – inspirée de l’enclave espagnole de Ceuta dans son croisement de culture hispanique et orientale. Il y retrouve la sensuelle Nita (Yvonne de Carlo), son épouse autochtone aux formes voluptueuse avec laquelle il peut s’abandonner à ses instincts les plus primaires. Au retour, il se rend l’île britannique de Gibraltar où il pourra laisser s’exprimer ses penchants les plus casaniers avec sa femme au d’intérieur typiquement anglaise, Maud (Celia Johnson). 

Alec Guinness est hilarant de satisfaction dans ces deux registres où il force largement le trait. Affecté, apathique et pantouflard avec Maud, il est la virilité désinvolte incarnée avec Nita dont il claque les fesses impunément, étreint la silhouette avec gourmandise dans des baignades nocturnes dans une existence faite de nuits blanches et de champagnes. La vie de rêve, le paradis comme il est plus d’une fois souligné dans un idéal parfaitement machiste car soumis au seul point de vue de son protagoniste masculin.

Si la situation manquera de peu d’être éventée le temps d’une péripétie, ce n’est pas une maladresse de St James qui causera sa perte mais l’éveil des figures féminines dans lesquels il n’a vu que de simples projections de ses fantasmes. Toute la caractérisation du héros tend à nous le montrer comme un anglais « vieille école », un gentleman pour qui les deux sexes se divise entre l’intellect (masculin) et le charnel (féminin). Avec ses congénères hommes il peut disserter dans des tirades creuses sur le sens de la vie le cigare au bec alors qu’avec les femmes la relation se résume à la dichotomie entre la maman et la putain qu’il a établie avec ces deux épouses. Ses certitudes vont donc être bousculées lorsque les femmes, en êtres pensants et indépendants vont dépasser les fonctions dans lesquelles il pensait les avoir assigné pour malmener l’ordre établi. Cela se fera par étape montrant progressivement l’insatisfaction des deux épouse et la goujaterie de St James – son regard hautain sur les passagères admiratives en début de film nous ayant préparé à ce trait de caractère. 

A une Maud ennuyée par une existence de housewive banale, il offre constamment des ustensiles ménagers nouveaux (aspirateur, tablier et machine à coudre) puis lui fait des enfants afin de lui occuper l’esprit, à cette pauvre créature. A une Nita lasse de cette vie festive permanente, il promet enlaidissement et prise de poids si elle ose adopter une attitude de ménagère ordinaire. Alec Guinness par sa prestation subtile évite pourtant de rendre son personnage détestable grâce à la facette pathologique qu’il amène dans son attitude. Sa réaction sera presque allergique lorsqu’il verra ses femmes faire montre d’autres aptitudes et envies que celles où il les a réduite. La douce Maud va ainsi enflammer la piste de danse le temps d’un fox-trot endiablé sous les yeux médusés d’un St James au bord de la syncope quand Nita lui préparera un bon petit plat en parfaite femme d’intérieur. Les foyers mêmes illustrent cette division maladive opérée par St James, chambre d’hôtel pour la vie sans foyer justement vécue avec Nita, et une maisonnette pompeusement baptisée en français « Mon Repos » pour le l’atmosphère cosy aux côté de Maud.

Les deux actrices offre un répondant parfait et intelligent à Guinness. Celia Johnson est réellement le symbole de cette figure féminine frustrée et en retrait depuis son légendaire rôle de femme adultère malheureuse dans Brève Rencontre (1945). Le destin cruel et pathétique de son personnage illustrait l’entrave à l’émancipation féminine de ce monde d’avant-guerre tandis que dans Capitaine Paradis on a le sentiment de la retrouver à l’ère moderne prête à assumer ses désirs. Son existence ne restera pas figée par un mariage ennuyeux et on ressent une jubilation certaine à la voir s’exciter à l’idée d’enfiler un bikini, de danser sans retenue puis de remettre à sa place cet époux rasoir. Yvonne de Carlo n’est au départ mise en valeur que pour son accent dépaysant et sa plastique généreuse. On verra la une virulente dénonciation du regard encore vivace de l’Empire Colonial où l’étrangère n’est synonyme que de promesses de voluptés mais incapable de réactions autres que primaires. 

L’actrice se déleste peu à peu de cette exubérance de façade pour révéler une femme plus mesurée, qui doute et aspire à une vie plus calme que cette suite de fête. Le héros masculin parait ainsi de plus en plus déphasé et aveugle, en témoigne le portrait cliché qu’il fait de ses deux épouses en voix-off tandis que l’image le contredit : Maud sautille et s’imagine frivole et coquette dans son bikini alors que Nita surveille la cuisson en cuisine dans une inversion totale de leur « rôle ». Le message anti colonial se fera même plus virulent encore lorsque Nita sera enlevée à St James par le personnage du taxi qui aura tout au long du film incarné le gentil autochtone jovial mais qui désormais se pose en égal de l’anglais en lui ravissant sa femme. La construction en flashback apporte une fin moins radicale à St James qui nous aura semblé un rêveur dépassé plus qu’un tyran mais le message féministe et progressif n’en fait pas moins mouche dans cette étincelante comédie. 

Sorti en dvd zone 2 français chez Tamasa

vendredi 12 septembre 2014

Comme un chien enragé - At Close Range, James Foley (1986)

Brad Jr. vient de quitter l'école et s'ennuie dans sa petite ville de Pennsylvanie. Il revoit son père, Brad Sr., qui a depuis longtemps quitté sa famille pour vivre en bande avec ses copains avec lesquels il a monté un gang de vols de véhicules. Brad Jr., de plus en plus admiratif, finit avec un groupe de copains par faire la même chose. Encouragé par les aînés, le jeune gang vole des tracteurs. Le drame éclate lorsque la police s'en mêle.

James Foley réalisait son chef d’œuvre et un des grands classiques des 80’s avec ce mélodrame puissant qu’est At Close Range. Le film s’inspire d’un fait divers réel s’étant déroulé en 1978 dans l’état de Pennsylvanie et où une bande malfrats avait recruté des adolescents qu’ils avaient par la suite assassinés lorsqu’ils étaient devenus des témoins gênants. Le drame avait choqué l’Amérique et Foley en donne une transposition romancée ici en y greffant des thèmes déjà présents dans son formidable premier film, le drame adolescent Reckless (1984). On y trouvait déjà cette jeunesse paumée et sans but, les figures parentales défaillantes ainsi que cette candeur touchante dans la description des premiers émois amoureux. Reckless par sa fougue et son insouciance lorgnait vers une sorte de relecture du Lauréat (1967) façon teen movie existentiel, et en reprenant ces questionnement dans le cadre de ce faits divers très sombre on aboutira à un résultat encore plus intense et éprouvant.

La scène d’ouverture montre d’ailleurs bien cet écart du récit entre romanesque insouciant et folie latente. Brad (Sean Penn) jeune adolescent paumé débarque dans le centre-ville où dans la même séquence il s’illustrera par sa douceur et ses envies d’ailleurs (les regards prolongés sur la belle Terry (Mary Stuart Masterton) puis la séduction maladroite qui s’ensuit) et son gout pour le danger lorsqu’il défiera un quidam en s’accrochant à sa voiture. Les ralentis et la musique de Patrick Leonard (avec un main thème entêtant qui est une version instrumentale de la superbe chanson Live to tell de Madonna) alterne ainsi avec une mise en scène urgente pour montrer avec brio le gout du danger et le besoin d’affection de Brad dans une dualité qui lui causera bien des ennuis. 

Déscolarisé, sans travail ni repère Brad et son frère Tommy (Chris Penn) voit revenir dans leur vie cet illustre inconnu qu’est leur père, Brad senior (Christopher Walken). Séduisant, dangereux et menant la grande vie, ce père exerce immédiatement une attirance irrésistible pour Brad qui va s’en rapprocher. Brad senior est en fait un malfrat qui avec sa bande écume les maisons et entrepôt de la région à coups de cambriolage nocturne.  Brad après avoir fait ses preuves avec ses jeunes acolytes va ainsi chercher à intégrer l’équipe de son père, avant de comprendre à quel point ce dernier est un monstre égoïste.

Le plus fragile sera le plus intense et démonstratif dans son jeu avec un extraordinaire Sean Penn, étendard de la jeunesse white trash. L’acteur impose une présence forte et fébrile à la fois, froid et déterminé quand il se perd dans une délinquance vaine, anxieux et gauche dès qu’il s’agit d’exprimer ses sentiments. Face à des interlocuteurs bienveillants cette fragilité est un atout fendant la carapace du mauvais garçon (belle alchimie entre Sean Penn et Mary Stuart Masterton, toutes les figures féminines étant aimantes et protectrice dans le film) mais lorsqu’il croise la route de son géniteur, il fera figure de proie sans défense. 

Christopher Walken est donc le plus sobre mais aussi le plus dangereux en père indigne. L’acteur n’exprime jamais la menace qu’il incarne par un jeu agressif, au contraire il sera toujours rigolard et avenant, rendant ses écarts aussi imprévisibles que brutaux. Nulles pulsions incontrôlées chez lui, c’est un être froid et pragmatique éliminant tout obstacle perturbant son entreprise même s’il s’agit de ses fils. 

L’attitude chaleureuse peut s’estomper en un instant pour laisser place à ce visage opaque et ce regard sans expressions alors qu’il commet l’horreur. L’intrigue montre ainsi Brad se rapprocher et chercher à ressembler à ce modèle paternel faussement attirant jusqu’à découvrir à quel point il est malfaisant. On alterne entre la romance juvénile de plus en plus fusionnelle entre Brad et Terry et les larcins de la bande notre héros prend de plus en plus d’importance. 

Cette opposition ce fait symboliquement entre le jour et la nuit, la lumière signifiant la plénitude, l’épanouissement (la scène dans le chant, la longue baignade où Foley laisse éclater ses élans clippesques déjà exprimé dans Reckless)  tandis que la nuit symbolise le mal, la mort. La photo de Juan Ruiz Anchía s’orne de velléités naturaliste et contemplative à la Malick dans les scènes de jour (rappelant son travail pour le Maria’s Lovers (1984) d’Andreï Konchalovsky) tandis qu’elle prend des teintes bleutées et spectrales dans tous les assassinats nocturnes.

Le mal est comme en sourdine, attrayant et facile pour mieux nous tromper sous les sourires de Christopher Walken qui est une sorte de Faust (il a vraiment une sorte d’aura surnaturelle démoniaque dans son allure) dans un cadre réaliste. Faute d’avoir rompu le pacte, Brad s’aliène la seule famille non dysfonctionnelle du film mais aussi la plus dangereuse, fidèle et rancunière, celle du crime. Foley aligne les moments chocs, aussi insoutenable que sobre dans la dernière partie où Brad et ses amis sont menacés par crainte d’une enquête du FBI.

En survivant à l’impensable, notre héros devient réellement une sorte de martyr dont Foley fait observer les stigmates alors qu’une ultime fois il hésitera entre la pulsion et la retenue, la vengeance et la justice dans un dernier face à face puissant. Sean Penn est absolument extraordinaire, plus écorché vif que jamais et exprimant l’incrédulité de son malheur et de celui en étant la cause dans une ultime séquence bluffant au plan fixe lourd de sens. 

Sorti en dvd zone 2 français chez MGM


Et puis quand même le "Live to tell" de Madonna un de ses plus beaux morceaux

jeudi 11 septembre 2014

The Chalk Garden - Ronald Neame (1964)

Une grand-mère cherche une préceptrice pour sa petite fille de 16 ans, Laurel, qui fait fuir tout le monde en révélant leur passé. Lorsqu'une postulante se présente avec un passé mystérieux, Laurel décide de découvrir ses secrets à tout prix. Dans le même temps, la mère de Laurel, mariée, divorcée, remariée, séparée... refait surface.

The Chalk Garden est un superbe mélodrame produit en Angleterre par Universal et plus précisément Ross Hunter dont on retrouve la patine des productions américaines dans le croisement d'esthétique chatoyante et de fonds torturé dans le propos. Le film est adaptée de la pièce éponyme d'Enid Bagnold écrite en 1956 et sera l'occasion d'offrir un de ses grands rôle à la star Disney et désormais adolescente Hayley Mills, ici bien entourée au casting avec son père John Mills, Deborah Kerr et Edith Evans. Elle incarne la jeune Laurel, adolescente vivant avec sa grand-mère (Edith Evans) et dont le caractère tempétueux a déjà épuisé nombre de gouvernante. Elle va trouver plus de résistance avec la mystérieuse Miss Madrigal (Deborah Kerr), nouvelle venue qui va se montrer d'une patience sans faille et afficher un répondant narquois qui va déstabiliser Laurel.

 La nature excentrique et l'attitude exécrable de Laurel tout comme la retenue de Miss Madrigal semblent pourtant être pour chacune une armure dissimulant des douleurs plus secrète. Ce seront d'abord celles de Laurel qui se révèleront. Hors des cadres proprets de Disney, Hayley Mills fut un des enfants acteurs au talent le plus manifeste et aux rôles les plus risqués comme dans le formidable Tiger Bay (1959). Elle le confirme ici avec cette Laurel complètement torturée, brassant des idées noires et capable par son bagout de déstabiliser n'importe quel adulte dont elle se délecte à repérer les faiblesses, déterrer les secrets en fouillant dans son intimité. Elle va pourtant tomber sur un mur avec Miss Madrigal, jeune femme sans passé, peu diserte mais dont le stoïcisme est trahit par quelques habitudes étranges comme de toujours laisser la porte de sa chambre ouverte. Miss Madrigal retrouve ainsi beaucoup de l'adolescente qu'elle était en Laurel, sait ainsi en parer tous les coups et devine les raisons de son comportement.

Ronald Neame offre une mise en scène au lyrisme feutré, la beauté du cadre portuaire, du luxueux domaine et de son jardin étant toujours au service de l'angoisse sourde habitant les personnages. Une atmosphère tendue et pesante règne constamment sous le semblant de légèreté, symbolisant l'emprise de la grand-mère incarnée par une Edith Evans incarnant un être bien plus complexe que sa bonhomie affable laisse entendre. La nature destructrice de Laurel lui doit beaucoup car elle a littéralement façonné le caractère de l'adolescente à l'aune de ses propres déceptions et rancœur, celle-ci représentant un trophée lui permettant de se venger de sa propre fille qui n'a pas suivi le parcours qu'elle lui destinait. Elle garde ainsi jalousement près d'elle Laurel, l'empêchant de retourner avec sa mère et la montant contre elle.

Hayley Mills est fabuleuse pour illustrer ce mélange de dureté adulte et de recherche d'affection inavouée, chaque ouverture possible étant tempérée par une réaction violente où une répartie acerbe. Neame s'appuie sur son jeu expressif, son bagout et sa malice qui la rendent tour à tour fragile et menaçante selon les lieux dépeint. Hors de l'influence néfaste de la maison, elle se montre plus avenante et capable d'exprimer ses douleurs même si elle se referme très vite (la scène de dessin sur la falaise, les retrouvailles nocturnes sur la plage) tandis que dans les scènes d'intérieurs c'est un vrai démon cherchant toujours à faire vaciller l'interlocuteur.

L'amusante scène de début où elle fait fuir une gouvernante venue postuler semble placer le récit dans un ton guilleret mais une saisissante noirceur s'installe très vite. Cela passe par les réplique crues et brutales de Laurel (tournant toujours autour de la mort ou du sexe) et les moments où elle s'abandonne, plus inquiétants que vraiment charmant comme lorsqu'elle adoptera en cachette des attitudes tendres et maternelle envers a poupée comme pur exprimer celle qu'elle n'a pas eu.

Deborah Kerr est tout aussi captivante dans un registre plus retenu où sa présence dégage une sentiment de force et de fébrilité, à l'image des rôles de mentor/victimes qu'elle a pu tenir dans Le Narcisse Noir (1947), Bonjour Tristesse (1958) ou Les Innocents (1961). Comme dans chacune de ces œuvres, un tumulte intérieur et un passé douloureux se devine sous le masque impassible. La sensation d'avoir un pendant adulte et une image future Laurel se fera de plus en plus fort (le majordome joué par John Mills étant finalement la seule figure de stabilité), un élément du passé de Miss Madrigal expliquant ainsi son attachement et sa crainte de voir la jeune fille prendre le même chemin. Neame l'exprime subtilement dans sa mise en scène où lorsque les deux personnages sont ensemble à l'image, le plus instable apparait toujours en amorce sur la droite de l'écran. C'est le plus souvent Laurel, mais le réalisateur perturbe de nombreuse fois ce repère en donnant cette place à Deborah Kerr comme pour nous montrer le mimétisme et le même trouble entre les héroïnes. Le cadrage d'une des dernières scènes plus apaisée les voit même occuper ensemble cette place à l'image.

Le secret de Miss Madrigal se distillera au fil de moments ludiques où Laurel l'épie, la questionne et fouille ses affaires, laissant poindre quelques indices qui trouveront leur explication dans un moment saisissant où Deborah Kerr brille par l'intensité de son jeu. On est jamais loin de basculer dans la pur noirceur et le quasi thriller, notamment par le score inquiétant (un thème au piano vraiment entêtant pour exprimer les fêlures) de Malcolm Arnold mais sous cette facette le film (et certainement la pièce) pose un regard finalement bienveillant. Edith Evans paraîtra ainsi plus comme une femme craintive de la solitude et de la vieillesse. Le final résout ainsi les conflits, tout en y laissant une part de mystère (le passé de Deborah Kerr omettant un détail essentiel). Une belle découverte.


Sorti en dvd zone 2 anglais chez Oeg Classic Movies et sans sous-titres

mardi 9 septembre 2014

Le Samouraï - Jean-Pierre Melville (1967)

Jeff Costello, dit le Samouraï est un tueur à gages. Alors qu'il sort du bureau où git le cadavre de Martey, sa dernière cible, il croise la pianiste du club, Valérie. En dépit d'un bon alibi, il est suspecté du meurtre par le commissaire chargé de l'enquête. Lorsqu'elle est interrogée par celui-ci, la pianiste feint ne pas le reconnaître. Relâché, Jeff cherche à comprendre la raison pour laquelle la jeune femme a agi de la sorte.

Le Samouraï est sans aucun doute la pierre angulaire de la filmographie de Melville, l’œuvre qui définit pour de bon un style qui ne doit plus rien à personne. Tous les précédents polars (Bob le flambeur (1955), Deux hommes dans Manhattan (1959), Le Doulos (1962), Le Deuxième Souffle (1966)) du réalisateur tendirent progressivement vers l’épure du Samouraï, l’obsession pour les Etats-Unis et la nature référentielle des intrigues s’estompant pour un style de plus en plus unique. Melville avait rompu dans la douleur avec le partenaire de ses premiers chefs d’œuvre (Léon Morin, prêtre (1961) et Le Doulos), Jean-Paul Belmondo quittant avec fracas le tournage de L'Aîné des Ferchaux (1963) après avoir giflé le réalisateur suite à une agression verbale de trop envers le malheureux Charles Vanel. Si Belmondo représentait la facette amusée et truculente de Melville, celui-ci allait se trouver un autre double de cinéma avec Alain Delon illustrant parfaitement sa facette froide et énigmatique. Melville avait déjà approché Delon pour L'Aîné des Ferchaux qui avait décliné la proposition, tout comme l’adaptation du roman Main pleine de Pierre-Vial Lesou (finalement signé Michelle Deville sous le titre de Lucky Jo (1964). Melville lui propose finalement un scénario original qui dormait dans ses tiroirs et qu’il viendra lire chez la star qui fascinée par l’épure des premières scènes sans dialogues accepte avant même d’être arrivé au bout du script. Melville lui en donnera alors le titre, Le Samouraï et dans la foulée Delon l’emmènera dans sa chambre dont l’austérité et l’ameublement ascétique (et où trône un sabre !) montre bien à quel point les deux semblent s’être bien trouvé.

Le long et lent générique d’ouverture montre Jeff Costello (Alain Delon) allongé le lit de sa chambre grise et austère, immobile. Déjà économe de ses gestes et entièrement dévoué à sa tâche, le personnage ne daigne esquisser un geste avant que film ne démarre réellement. Il s’écoulera ainsi près de sept minutes presque totalement muette où en le voyant constituer les éléments de sa mission à venir (véhicule, armes, alibis) dans des lieux et face à des personnages divers, on devine la nature de ses activités criminelles. Cela se confirmera lorsqu’il s’introduira, silhouette anonyme en feutre et chapeau, pour froidement assassiner un homme dans un club. 

Tous les éléments de son énigmatique périple initial s’emboitent alors pour constituer l’alibi imparable qui le dédouanera, montrant la méticulosité implacable du personnage. Alain Delon est absolument fascinant, à la fois présent et absent. Le professionnel glacial se dispute à l’homme en émoi voyant son organisation rigoureuse mise à mal, puisque le film sera un chassé- croisé entre la police qui le soupçonne sans avoir pu le coincer et ses commanditaires cherchant à l’éliminer. Costello parvient ainsi à imposer une aura insaisissable où il est impossible à des témoins de l’identifier, ce sang-froid inhumain se retournant également contre lui car mettant la puce à l’oreille du commissaire (François Périer) stupéfait par tant de maîtrise.

Melville s’en tient au squelette de cette intrigue qu’il n’étoffe pas plus, que ce soit dans la caractérisation des personnages ou dans l’illustration de l’environnement. Il faut attendre la scène d’interrogatoire pour savoir comment se nomme Delon, tout comme sa dévouée maîtresse Jeanne Lagrange (Nathalie Delon) quand certains sont tout juste réduit à leur fonction comme le commissaire, la pianiste (Caty Rosier) ou l’homme de main (Jacques Leroy). 

On est loin également des cadres urbains vivant et bien identifiable des polars précédents, Melville se partageant entre intérieurs stylisés (tournage dans les Studios Jenner appartenant à Melville) et un Paris fantomatique (où la photo désaturée de  Henri Decaë semble s'être délesté de tout semblant de couleur vive) se résumant à des ruelles désertes à la dérobée où erre comme un spectre Costello. Il y aura bien une haletante scène de filature dans le métro entre Jeff et la police (nul doute que Friedkin a dû s’en inspirer pour son French Connection (1971)) mais là aussi le monde extérieur ne semble pas exister, le moindre figurant dissimulant un policier traquant notre héros et les lieux étant le simple théâtre de cette partie d'échec. Melville s’absout désormais totalement de ses influences passées et du cadre contemporain pour ne plus filmer le monde, mais SON monde. 

C’est un univers aussi abstrait que les figures qui y déambulent, des hommes déterminés et intuitifs entièrement dévoués à leurs objectifs. François Périer, truculent et tenace policier va ainsi se convaincre de la culpabilité de Jeff sans la moindre preuve et usera de tous les moyens pour prouver son intuition (et annonce le Bourvil du Cercle Rouge (1970) tandis que Costello ne pensera jamais à fuir et cherchera jusqu’au bout et maladivement à rétablir son équilibre initial. Celui-ci semble représenter par l’oiseau qu’il abrite dans sa chambre, seul être pour lequel il semble montrer un semblant d’attention. 

L’agitation du volatile lui indiquera ainsi que son sanctuaire a été violé et que plus rien ne sera comme avant. Ne reste plus qu’à faire payer les responsables et disparaître volontairement dans une troublante séquence finale suicidaire. Le score minimaliste, jazzy et psychédélique de François de Roubaix, illustre parfaitement le tourment retenu de Costello par sa froideur synthétique. Un chef d’œuvre du polar à l’influence considérable, de The Killer (1989) de John Woo, The Driver de Walter Hill et sa récentedélicnaison  Drive (2011) de Nicolas Winding Refn.

Sorti en dvd zone 2 français et blu ray chez Pathé dans une restauration discutable donc peut être plus se tourner éventuellement vers l'édition Criterion en zone 1

lundi 8 septembre 2014

Ladies They Talk About - Howard Bretherton et William Keighley (1933)

Arrêtée pour complicité dans le braquage d’une banque, Nan Taylor (Barbara Stanwyck) tente de séduire le procureur David Slade (Preston Foster) qui résiste, et l’envoie en prison. Elle y fait la rencontre de plusieurs codétenues et cherche à s’évader grâce à l’aide de ses anciens complices. L’évasion tourne mal, et les hommes sont tués. À sa sortie, Nan est prête à tout pour se venger.

Ladies They Talk About est un Pré Code typique par son questionnement social sur la rédemption, sa dualité entre provocation et morale bienveillante et bien sûr son flamboyant personnage féminin typique des "mauvaises filles" qui traverse le genre. L'originalité viendra du cadre encore inédit du récit à l'époque, la prison de femmes. Nan Taylor (Barbara Stanwyck) est une criminelle endurcie depuis son plus jeune âge où elle n'a cessé de fréquenter les maisons de correction. Son charme et allure innocente représentent des atouts irrésistible dès qu'il s'agira d duper son interlocuteur et c'est ainsi que nous la découvrons, faisant les yeux doux à un agent pour qu'il lui ouvre plus tôt les porte de sa banque et permette à ses complices de s'y introduire et la dévaliser.

Malheureusement et en dépit de sa perruque blonde, un policier l'ayant arrêtée par le passé va la reconnaitre et deviner sa possible complicité malgré l'absence de preuve. Nan va cependant user d'un dernier atout en séduisant le procureur et ancien camarade d'enfance David Slade (Preston Foster) qui va user de son influence pour la libérer. Nan lui avoue néanmoins sa réelle culpabilité avant sa sortie et Slade incorruptible la fait envoyer à la prison pour femme de San Quentin où elle va longuement ruminer sa vengeance.

Le récit semble ainsi devoir évoquer le cheminement moral possible de Nan mais prendra pour cela des détours inattendus. On découvre ainsi l'univers prison et ses détenues où il ne règne absolument pas une atmosphère de repentance. Les figures hautes en couleurs, inquiétante et truculentes sont légions, assumant parfaitement les raisons qui les ont menées là dans une énumération savoureuse de leurs crimes. Ces femmes semblent assumer cette forme d'émancipation jusqu'au bout, évoquant amusées leur méfait sans que le moindre dialogue ou situation ne les juge (l'ancienne tenancière de maison close...), la prison étant absoute de toute les règles de l'extérieur à l'image de cette prisonnière noire invectivant une aristocrate blanche la traitant en subalterne.

Sous leurs allures rebelles, elles sont toutes observées avec une humanité s'attardant autant sur leur frustration physique (avec ce dialogue soulignant le manque le plus douloureux "la liberté et les hommes" et l'érotisme latent traversant tout le film) et morale où chacune recréera un semblant d'environnement personnel dans la décoration de sa cellule.

Nan est bien évidemment le symbole de tout cela avec son déchirement amour/haine pour celui qu'il l'a envoyée en prison. On ne sait si elle veut sortir pour se réfugier dans ses bras ou le faire payer, Barbara Stanwyck par sa prestation incandescente maintenant le doute jusqu'au bout, notamment une dernière scène où son regard haineux marque durablement. Personnage volcanique et ne s'en laissant pas compter, Nan reste d'ailleurs fidèle à elle-même jusqu'au bout puisque la rédemption est plus amenée à être sentimentale que morale, au vu d'un des derniers rebondissements où elle aide des complices à s'évader.

Les figures féminines apparaissent ainsi impétueuses et passionnées (à l'image du pendant négatif de Nan, Susie (Dorothy Burgess obsédée par Slade), plus libres malgré leurs écarts que les hommes toujours unidimensionnels (David Slade et sa facette religieuse en tête). La prise de conscience et l'apaisement final ne peut ainsi venir que d'un éveil personnel, la morale et les regards des autres ne semblant jamais avoir eu prise sur l'indomptable Nan.

Sorti en dvd zone 2 français chez Warner dans la collection Trésors Warner consacrée au Pré Code

samedi 6 septembre 2014

Last Action Hero - John McTiernan (1993)

Grâce à un billet magique, Danny Madigan, un enfant de onze ans, peut vivre les aventures de son policier préféré, Slater, croisé des temps modernes. Ensemble ils affrontent force danger et triomphent toujours. Mais les choses se compliquent lorsque des personnes mal intentionnées s'emparent du billet magique et gagnent New York, ou le crime paie encore plus qu'au cinéma.

Les meilleurs films de John McTiernan traitent souvent de l’opposition/affrontement d’un homme avec son environnement, ce dernier représentant toujours une idée et un état d’esprit opposé au sien. Dans Piège de cristal (1988) c’était le cow boy moderne John McClane contre la modernité (le début du film le montrant même incapable d'utiliser une photocopieuse) de son pays changeant qui serait symbolisée par l’imposante tour Nakatomi. La suite Une Journée en enfer (1995) représenterait John McClane contre la ville dont les bruits et l’animation mettent son corps à rude épreuve alors qu’il est à la poursuite d’un terroriste joueur. Le 13e Guerrier (1999) est aussi le récit de la confrontation entre l’Arabe raffiné et les rugueux vikings et Predator (1987) ne raconte pas autre chose dans ce duel entre Arnold Schwarzenegger défiant un guerrier alien dans une jungle hostile. McTiernan retrouve d’ailleurs la star autrichienne dans Last Action Hero et le réalisateur semble réellement avoir offert une sorte de variante meta de Predator ici ou le héros d'action se confronte à la réalité.

 Le film se plaisait ainsi dans sa première partie à nous présenter les compétences de son commando dans tout la surenchère virile du cinéma d’action 80’s avant de déconstruire cela avec l’ennemi indestructible que constituerait le Predator et rendant ces fanfaronnades bien vaines. Le héros devrait oublier l’apparaît superficiel et littéralement se fondre dans cette jungle et revenir à ses instincts les plus primitifs pour vaincre son adversaire. Last Action Hero opère de la même manière et Schwarzenegger va effectuer le même parcours, passant du personnage de cinéma d’action outrancier à l’écran au héros plus vulnérable confronté au monde réel. Last Action Hero pose une approche émotionnelle à l’opposé de celle viscérale de Predator car reposant sur le regard d’un jeune spectateur admiratif.

Le film reprend le principe de La Rose Pourpre du Caire (1985) de Woody Allen avec l’interaction inattendue d’un personnage de cinéma avec son plus grand admirateur dans la fiction et le monde réel. Dans les deux il s’agira de combler un vide, la jeune femme esseulée et mal mariée sous la Grande Dépression avec son idéal romantique à l’écran et le petit garçon de Last Action hero avec son idole, le flic dure à cuir Jack Slater. McTiernan se moque avec tendresse de tous les codes – qu’il en grande partie contribués à créer avec son scénariste Shane Black – du film d’action 80’s et la façon dont ils imprègnent l’imaginaire de son jeune personnage. Bande-son hard rock tapageuse, ouverture aérienne typique des productions Joel Silver avec voitures de police à perte de vue et bien sûr introduction tonitruante de Jack Slater. Bottes en peau de crocodiles, ceinture de cowboy, brushing impeccable et cigare au bec, Jack Slater sied parfaitement à la présence démesurée et rigolarde d’Arnold Schwarzenegger. 

L’acteur a toujours été l’incarnation idéale du surhomme dans ce cinéma d’action, pouvant endosser par son physique les forces les plus mythologiques (Conan le barbare) ou technologique (Terminator) dépassant l’entendement humain (à l’inverse de son rival de l’époque Stallone dont les exploits sont synonyme de souffrance et dépassement de soi). Ici il pousse juste le bouchon un peu plus loin en apportant une forme de distance à sa force tranquille (dont une savoureuse parodie d'Hamlet), McTiernan amenant toujours la dose de surenchère qui permet de poser un regard amusé à ses exploits. Danny (Austin O'Brien), pas dupe des grosses ficelles de cet univers qu’il admire préfère cependant s’y perdre tant le sien lui apporte peu de satisfaction. Le cadre urbain grisâtre de New York répond donc à une Californie ensoleillée et peuplée de bimbos de l’écran – la photo désaturée de Dean Semler ne se colorant que devant une enseigne de cinéma – et, quand le moindre crime voit immédiatement surgir la silhouette imposante de Jack Slater, Danny sera victime d’une traumatisante agression sans que personne ne vienne à son secours. 

A quoi bon le réel, l’école et un quotidien solitaire quand il suffit de s’engouffrer dans une salle de cinéma voir Jack Slater résoudre les problèmes d’un coup de feu et avec le sourire ? Son vœu va littéralement être exaucé à l’aide d’un ticket de cinéma magique hérité d’Houdini et nous faire savourer depuis l’intérieur ce monde tapageur de l’actionner. McTiernan après avoir montré les  clichés avec l’œil amusé du spectateur nous y plonge avec celui émerveillé du fan Danny qui commente autant qu’il vit intensément l’aventure. L’outrance est encore plus folle vécues de l’intérieur – chef de police noir sous pression et hystérique, le moindre coup de feu déchaînant l’enfer sur avec une explosion apocalyptique toute les cinq minutes, aucune blessure et munition illimitées pour tout le monde – dans ce monde du cinéma ou les références et les caméos aux succès récents sont légions avec entre autre Sharon Stone échappé de Basic Instinct ou Danny reproduisant une séquence culte d’ET

Même le compositeur Michael Kamen y va de son petit clin d’œil avec son thème de Piège de Cristal se faisant entendre sans prévenir. Jack Slater perché sur sa montagne de héros parfait acquiert pourtant une surprenante humanité au milieu de ces pantins grâce au lien qu’il établit avec Danny car il lui permet d’exister à travers le regard et l’admiration de son jeune fan. C’est cette relation qui en fera un vrai héros lorsque déboussolé il se confrontera au monde réel, à la poursuite de l’infâme Benedict (Charles Dance) ayant volé le ticket de cinéma magique.

La mise en abyme s’avère étonnamment touchante dans ce rapport au réel. Jack Slater découvrira certes lois de la physique différente et la douleur, mais c’est surtout en temps qu’être de fiction jouet des scénaristes que le personnage suscite l’émotion. Les évènements les plus douloureux de sa vie (la perte de son fils) n’auront été que des gimmicks destinés à produire l’épisode suivant de ses aventures quand pour lui ils constituent un vrai traumatisme. Cette vulnérabilité se révèle à l’image également où l’urbanité nocturne et pluvieuse new yorkaise noie sa carrure quand elle s’épanouissait dans les grands espaces lumineux californiens. Tout comme le Dutch de Predator, Slater devra donc dépasser ce qui le définit (un barbouze dur à cuire/une star d’action) pour être réellement ce héros sans peur et sans reproche. Cette fragilité nouvelle rend alors soudainement l’aventure plus palpitante dans ce monde réel où « les méchants gagnent à la fin » comme s’en délecte Benedict.

L’avalanche méta inversée de la dernière partie – caméo e pagaille une nouvelle Schwarzy dans son propre rôle compris – intéresse moins que la relation entre Slater et Danny, le premier étant bien décidé à prouver au second que l’âme d’un héros ne repose pas que sur des fanfaronnades sur pellicule mais par les actes. C’est réellement une des prestations les plus captivantes d'Arnold Schwarzenegger ici producteur et qui aura insisté pour que soit apportée cette profondeur au scénario initial plus sombre et violent. McTiernan dont on avait déjà décelé une dimension plus réfléchie dans ses précédents travaux se révèle définitivement un auteur passionnant avec ce film où il distille un sens de l’humour et de la dérision insoupçonné. Un vrai conte moderne et une réflexion sur le cinéma et le statut de héros qui sera malheureusement un échec à sa sortie car face au mastodonte Jurassic Park.

Sorti en dvd zone 2 français chez Sony et pour les parisiens visible bientôt en salle dans le cadre de la rétrospective consacrée au réalisateur ce mois de septembre