Dévoreur de pellicule monomaniaque, ce blog servira à commenter pour ceux que cela intéresse tout mes visionnages de classiques, coup de coeur et curiosités. Je vais tenter le défi de la chronique journalière histoire de justifier le titre du blog donc chaque jour nouveau film et nouveau topo plus ou moins long selon l'inspiration. Bonne lecture et plein de découvertes j'espère!

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vendredi 6 août 2021

Tokyo Heaven - Tôkyô jôkû irasshaimase, Shinji Somai (1990)

Une jeune modèle prometteuse se fait renverser par une voiture et meurt sur le coup. N'acceptant pas son sort, elle parvient à tromper la Mort et à revenir sur Terre.

Shinji Somai signe un de ses films les plus léger et lumineux avec ce Tokyo Heaven. Le film semble un curieux mélange entre les films adolescents à veine plus surnaturelle d'un Nobuhiko Obayashi marié à l'approche plus à fleur de peau de Somai sur ces mêmes thématiques. Dans une tonalité enlevée on y suit les premiers pas de Yu (Riho Makise), pétillante jeune modèle en pleine ascension dont on découvre la personnalité capricieuse et turbulente, notamment envers son malheureux assistant Fumio (Kiichi Nakai). Le tableau s'assombrit lorsque en voulant échapper aux avances d'un mécène (Tsurube Shōfukutei) elle meurt accidentellement renversée par une voiture. Confrontée à la Mort (qui prend malicieusement les traits du responsable de son décès ce qui donne un double rôle détonant) elle reçoit l'autorisation de revenir sur terre à condition de ne pas se confronter aux personnes l'ayant connu vivante. 

Cette règle est d'emblée enfreinte accidentellement quand elle va se réveiller chez Fumio pas encore au courant de son décès. Dès lors le récit prend une voie très décousue et fantaisiste où le principal point d'ancrage reposera sur les personnages que l'expérience va transcender. La petite starlette détachée des réalités, découvre les joies légères de son âge dans sa "seconde vie" : le plaisir d'un baïto (petit boulot) dans un fast-food, les évènements traditionnels avec une belle scène de feux d'artifices. C'est surtout l'occasion de s'éveiller à ses premiers émois amoureux auprès de Fumio qui lui aussi n'est pas à sa place dans ce monde du spectacle où il fuit l'héritage familial.

Le récit est presque trop décousu et sautillant par rapport au sujet qu'il veut aborder, soit une forme de prise de conscience des plaisirs simples et des sentiments en contrepoint de la frénésie initiale où évoluent les personnages. Les séquences manquent de liant même si on savoure la virtuosité technique habituelle de Somai dans son usage du plan-séquence, il manque une alternance avec des moments plus apaisés pour expliciter l'argument du récit. 

Après pris séparément chacun des moments ne manquent pas de charme (la scène du fast-food) grâce à l'abattage charmant de Riho Makise et un usage ludique de trucages volontairement rudimentaires pour les irruptions du fantastique. La dernière partie finit par trouver l'équilibre entre ce côté sautillant et romantisme plus retenu, notamment par une superbe séquence chantée et jazzy. Dommage que la toute fin privilégie ce ton potache à une mélancolie plus prononcée au moment de l'inévitable séparation. Pas totalement convaincant mais indéniablement original.

Sorti en dvd japonais

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